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4ème dimanche de l'Avent,B, homélie de frère Bartomeu

 

Chers frères et sœurs, voici que, alors qu’en ce dimanche nous sommes déjà à la veille de la solennité de Noël, nous venons d’entendre dans la lecture de l’évangile l’annonciation de l’ange Gabriel à une jeune fille vierge, dont le nom était Marie. Les paroles de l’ange Gabriel s’adressent aujourd’hui à nous, pour nous dire que celui dont nous attendons la naissance – non pas dans le temps mais dans la célébration liturgique – « sera grand, il sera ap-pelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
« Son règne n’aura pas de fin. » Tout à l’heure, dans la profession de foi, nous reprendrons cette formule : « Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. » Nous sommes ainsi pla-cés dans une perspective qui va bien plus loin qu’une réduction de la fête de Noël aux scènes aimables de la crèche. Ce que nous nous préparons à célé-brer c’est que « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jean, 1,14), comme nous l’entendrons demain à la lec-ture de l’évangile de la messe de Noël.
C’est que notre célébration n’est pas une simple mémoire d’un fait his-torique, pour important qu’il soit. La célébration liturgique nous fait entrer dans le mystère de Jésus Christ. Selon l’expression de saint Léon le Grand : « Ce qu’on avait pu voir de notre Rédempteur est passé dans les sacre-ments », c’est-à-dire dans la célébration de la liturgie (Sermon sur l’Ascension II,2).
C’est ce qu’exprimait aussi la prière au commencement de cette litur-gie lorsque nous demandions : « Que ta grâce, Seigneur notre Dieu, se ré-pande en nos cœurs : par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’incarnation de ton Fils bien-aimé, conduis-nous par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. » Le message de l’ange nous intro-duit déjà, par la passion et la croix, jusqu’à la gloire de la résurrection. C’est que ce que nous célébrons avec la liturgie c’est toujours le mystère pascal.
Et ce que nous célébrons doit transformer notre vie. Comme le dit la première lettre de saint Jean, « celui qui déclare demeurer en lui doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché » (1 Jean 2,6). Ce que saint Benoît dit aux moines est vrai aussi pour la vie de tous les chrétiens : « Ne nous écartons jamais de l’enseignement de Jésus, et persévérant jusqu’à la mort dans sa doctrine au sein de la communauté chrétienne, participons par la patience aux souffrances du Christ pour mériter d’avoir part à son royaume. » (Règle de saint Benoît, Prologue, 50)
Alors, nous qui, par le message de l’ange, avons connu l’incarnation du Fils bien-aimé, conduits par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection, nous vivrons en l’attendant lorsqu’il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin. Que cette nouvelle célébration de la naissance de Jésus Christ renouvelle notre vie.