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En tant que moines chrétiens et catholiques nos racines spirituelles se plongent dans l’Évangile du Christ. Les moines veulent témoigner de la beauté d’une humanité habitée et transformée par la présence du Christ et de l’Esprit Saint, par le rapport constant à la Bible porteuse d’une histoire et du dévoilement de Dieu au cœur de la vie de l’homme. Dévoilement que tant de moines, de moniales et de saints ont cherché à traduire à travers leur vie ou leurs écrits. Ce chemin d'Evangile se concrétise pour nous à travers une forme de vie spécifique, vie de prière, vie fraternelle, accueil, selon une  Règle de vie monastique, la Règle de St Benoît, actualisée dans l'aujourd'hui. 

 

 

 

 A l'épreuve de ce temps de pandémie 

Un temps pour changer                                           aubépines


« Changer » : ce mot m’exprime l’idée d’un changement de vitesse. Nous le faisons spontanément chaque fois que nous nous retrouvons dans nos voitures : c’est le désir de rouler plus vite; ou bien, tout simplement, nous changeons de vitesse, obligés que nous sommes de nous adapter : la montagne nous oblige à ralentir si nous voulons avancer. « Changer » c’est courir, ou bien s’adapter, mais pour ne jamais s’arrêter. Le Pape François dans son livre « Un temps pour changer » relie souvent le changement au discernement : « En nous posant ces questions – que pouvons-nous faire ? Qu’est-ce que Dieu nous demande en ce moment ? – non pas abstraite-ment, mais silencieusement, avec un coeur attentif, nous nous ouvrons à l’action de l’Esprit ; nous pouvons commencer à discerner, à voir de nouvelles opportunités. Et puis, nous engageant ainsi, nous commençons à imaginer une autre manière de vivre ensemble. Nous pouvons commencer à rêver d’un changement réel, d’un changement possible. »
Toujours aller de l’avant c’est quelque chose d’extraordinaire, et dans cette marche en avant, en courant ou en s’adaptant, il y aura toujours quelqu’un à côté de nous : nous avons finalement cessé de vouloir être des protago-nistes et nous sommes devenus simplement amis de tous.

 

 

Du temps de l’expectative au temps utile, je définirai ainsi ce à quoi je me suis senti invité. aubépines a
Le temps de l’expectative c’est attendre que ça passe, le temps dans lequel je ne pourrais chercher qu’à combler les vides, à meubler le temps. Meubler le temps et non l’habiter. Certes la structure de la vie monastique, priante, fraternelle est un support incomparable, mais il y faut la raison d’être, celle de la vérité de mon engagement, ici et maintenant.
Dans sa règle des moines St Benoît parle du « frère utile », et de la « parole utile ». Il ne vise pas des compétences techniques ou autres, fort utile par ailleurs, mais « utile » dans le sens d’édifier l’âme, d’édifier la fraternité, ce qui fait grandir en humanité.
Je me suis laissé donc convertir au « temps utile ». Le temps utile, investir ce temps étrange que nous vivons pour prendre soin, ouvrir les yeux du coeur pour être attentif, aux autres, à soi, au monde qui nous entoure. Le prendre soin, passe par les services que je peux rendre, par l’écoute que je peux offrir, celle que je peux attendre. Temps utile pour nourrir mon esprit, temps utile pour tout porter dans la prière, renforcer le lien avec Dieu et les autres.

 

 

 

                                          Fratelli tutti, tous frères                                      

mélia 1L’une des affirmations centrales de l’Encyclique « Fratelli Tutti » se trouve au § 120 : « Le droit à la propriété privée ne peut être considéré que comme un droit naturel secondaire et dérivé du principe de la destination universelle des biens créés » Cette affirmation de la Doctrine Sociale de l’Église est le sol ferme à partir duquel affronter les idéologies qui dénient aux particuliers le droit naturel de posséder mais aussi celui à partir duquel dénoncer l’usurpation des sols ou des richesses naturelles aux dépens des populations autochtones. Elle appelle à la mise en place d’un système économique au coeur duquel chacun doit pouvoir trouver sa place et apporter sa contribution (cf le magnifique § 110).
Le Pape François ne cache jamais l’ampleur des défis à relever. A certains moments, cela pourrait paraître découra-geant ! Rappelons-nous alors ce qu’il écrivait en 2015, dans l’Encyclique Laudato Si : « …nous savons que les choses peuvent changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, ja-mais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés. L’humanité possède en-core la capacité de collaborer pour construire notre maison-commune. » (Laudato Si,§13)

 

 

 

 

 prunier 1Le 4 octobre dernier, en la fête de saint François d’Assise, le Pape François a publié un document sur la fraternité et l’amitié sociale qui débute ainsi : ‘Fratelli tutti’ écrivait saint François d’Assise, en s’adressant à tous ses frères et soeurs, pour leur proposer un mode de vie au goût de l’Évangile. Parmi ces conseils, je voudrais en souligner un par lequel il invite à un amour qui surmonte les barrières de la géographie et de l’espace’. Et le texte continue : ‘ Celui qui ne vit pas la gratuité fraternelle fait de son existence un commerce anxieux ; il est toujours en train de mesurer ce qu’il donne et ce qu’il reçoit en échange. Dieu donne gratuitement au point de « faire lever son soleil sur les méchants et sur les bons ». En guide d’envoi le Pontife inscrit ses pas dans ceux de Martin Luther King, Gandhi, Desmond Tutu (évêque anglican sud-africain) et Charles de Foucauld. Le Pape, héritier de leurs intuitions s’impose, avec ‘Fratelli Tutti’, comme l’une des cons-ciences de ce temps.

 

 

 

 

 

  

 

 Message du Pape François pour le Carême 2021

En parcourant le chemin du Carême, qui nous conduit vers les célébrations pascales, nous faisons mémoire de Celui qui nous a aimés « devenant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix » (Ph 2,8). Dans ce temps de conversion, nous renouvelons notre foi, nous puisons « l’eau vive » de l’espérance et nous recevons le cœur ouvert l’amour de Dieu qui fait de nous des frères et des sœurs dans le Christ. Dans la Nuit de Pâques, nous renouvellerons les promesses de notre baptême pour renaître en hommes et femmes nouveaux par l’intervention du Saint Esprit. L’itinéraire du Carême, comme l’itinéraire chrétien, est déjà entièrement placé sous la lumière de la résurrection, qui inspire les sentiments, les attitudes ainsi que les choix de ceux qui veulent suivre le Christ.     message complet