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19e dimanche du temps ordinaire – B, homéliede frère Bartomeu


(Éphésiens 4, 30 – 5, 2 — Jean 6, 41-51)

« Cherchez à imiter Dieu » – nous disait tout à l’heure l’apôtre – « Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. » — C’est ce rapport de fils que nous avons avec Dieu, notre Père, qu’exprimait aussi la prière au commencement de cette liturgie : « toi que nous pouvons déjà appeler notre Père, fais grandir en nos cœurs l’esprit filial ». — « Toi que nous pouvons déjà appeler Père » ! C’est, en effet, « comme nous l’avons appris du Sauveur et selon son commandement, que nous osons dire : Notre Père… »
Père est le nom que Jésus donne toujours à Dieu : « Mon Père et votre Père », dit-il (Jean 20,17). En ajoutant souvent : « votre Père qui est aux cieux ». Dans l’évangile que nous venons d’entendre, en quelques lignes, nous l’avons entendu quatre fois : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » « Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. » « Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. »
Saint Paul explique : « voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “ Abba ! ” » (Galates 4,6). Et encore : « vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions “ Abba ! ” » (Romains 8,15). Abba ! Les premiers chrétiens, même ceux dont la langue était le grec, ont conservé le mot araméen abba, qui signifie père, parce que c’est avec ce nom que Jésus s’adressait à Dieu dans sa prière : « Il disait : « Abba… Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » (Marc 14,36).
C’est donc – nous disait l’apôtre – parce que nous sommes ses enfants bien-aimés que nous devons chercher à imiter Dieu. Mais en quoi pouvons-nous, devons-nous, imiter Dieu ? Jésus lui-même nous le dit : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Matthieu 4,44-45).
Dans l’Ancienne Loi Dieu disait : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lévitique 19,2). Et là où dans l’évangile selon saint Matthieu Jésus nous dit : « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matthieu 5,48), dans l’évangile selon saint Luc nous lisons : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6,36). Voici donc que la sainteté de Dieu, la perfection de Dieu, c’est sa miséricorde.
« Cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. » C’est-à-dire : « Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau – cet Esprit qui crie dans nos cœurs Abba ! – Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. » Seulement si nous nous pardonnons les uns les autres pourrons-nous oser dire la prière des enfants bien-aimés de Dieu : Notre Père qui es aux cieux.
Nous qui ne devons donner à personne sur terre le nom de père, car nous n’avons qu’un seul Père, celui qui est aux cieux (Matthieu 23,9), nous demandons au Dieu éternel et tout-puissant, que nous pouvons déjà appeler notre Père, qu’il fasse grandir en nos cœurs l’esprit filial, afin que nous soyons capables d’entrer un jour dans l’héritage des fils qui nous est promis.